lundi 29 juillet 2019

Danger moissons ! Des matières agricoles sur les routes d’Ille-et-Vilaine


Finir une balade de plusieurs centaines de kilomètres, par une bête chute à 10 minutes de chez soi ...

C’est ce qui a failli arriver hier soir à minuit au carrefour de l’église de Maure de Bretagne, sur une étrange substance verte étalée sur la route, en pleine nuit d’une commune sans éclairage.

Le danger des véhicules agricoles est bien connu des motards : ils empiètent sur la voie de gauche, et rendent la chaussée glissante avec la gadoue en sortie de champ l’hiver.
Mais plus de 10 ans de conduite moto, ne permettent pas toujours d’avoir fait le tour des dangers.

Le gravier utilisé pour la réfection des routes (plus ou moins bien signalé) par le technique du "point à temps" (voir ici ou ), n’est pas le seul danger en ce moment sur nos routes.


Le milieu d’été et la météo bien sèche sont propices aux moissons, ainsi qu’aux nombreux allers et retours d’imposantes remorques agricoles, reliant les champs aux silos de stockage.

Ce n’est qu’arrivé au rond-point d’intermarché, non loin des silos de Triskalia que la situation est devenue compréhensible : le rond-point était recouvert de la même substance verte, dont les traces menaient directement à la coopérative agricole.

L’employé interrogé affirmait que le chauffeur était au courant qu’il perdait du colza, mais ne savaient que faire en pareil cas.

Dans les deux cas, (avant une intersection et dans le rond-point), on peut suspecter une remorque trop remplie, et non bâchée, perdant sont chargement sous le coup de la décélération ou de la force centrifuge dans le rond-point.
Les véhicules se succédant broyant la graine sur la chaussée (la graine de colza est noire, mais l’intérieur est vert).
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Nous apprenions le lendemain que le département avait bien reçu l’information de la gendarmerie contactée en pleine nuit, et que le nécessaire avait été fait, qu’ils en soient remerciés.

Rappelons que la responsabilité du chauffeur agriculteur est directement engagée :
Le Code de la voirie routière prévoit une amende de 1 500 € à 3 000 € pour dépôt sur la voie publique de substances susceptibles de nuire à la sécurité publique.

En cas de blessé c’est un délit, passible d’un an de prison et 15 000 € d’amende, l’article 221-6, du Code pénal, punit le responsable de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende en cas de décès.

Le département va rappeler ses responsabilités à la représentation des agriculteurs dans le département. Espérons qu’une campagne de communication soit engagée envers cette profession, pour leur faire connaitre au delà de leur responsabilité pénale, les moyens de prévention, ainsi que la conduite à tenir en pareil cas pour éviter les accidents (signalisation, nettoyage et alerte des services compétents).


En conclusion, soyez prudents, la nuit et surtout aux abords des silos.
En cas de chute sur de la boue en sortie de champ, ou sur un épandage de graines, faites constater par les forces de l’ordre l’état de la chaussée, afin de rechercher la responsabilité du conducteur peu scrupuleux, et d’éviter un autre accident.


Quand on écrase du colza, on fait de l’huile ...

... et l’huile c’est gras et ça glisse.

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